Paris, le 9 juillet 2025 - Trois ans après sa première « radioscopie verte » des entreprises de taille intermédiaire (ETI), le METI dresse un nouvel état des lieux de leur transformation environnementale, enrichi d’un volet dédié à l’économie circulaire. L’enquête, réalisée au premier semestre de cette année par le METI auprès des 1200 ETI de son réseau, confirme une dynamique bien enclenchée. La nécessité de se transformer est désormais une conviction partagée, les actions sont là pour le prouver. Mais les résultats de cette enquête alertent aussi sur un cadre encore trop souvent inadapté, qui entrave la capacité des ETI à aller plus vite et plus loin.

Une mobilisation renforcée, des actions concrètes
Les chiffres sont sans ambiguïté :
- 90 % des ETI ont réalisé un bilan d’émissions de gaz à effet de serre, contre 76 % en 2022 ;
- 80 % disposent d’un plan de sobriété énergétique, contre 62 % il y a trois ans ;
- 69 % réintègrent leurs déchets non dangereux dans leur production, en forte hausse par rapport aux 42 % de 2022 ;
- 89 % intègrent des critères environnementaux dans leurs achats, un bond de 14 points en trois ans.
 
Plus largement, 77 % des ETI considèrent aujourd’hui la transition environnementale comme une opportunité stratégique, un signal fort de maturité et d’engagement. Cette transformation est transversale, pilotée, suivie. Elle se concentre en priorité sur la performance énergétique, la gestion de l’eau, les achats responsables. L’impact environnemental lors de l’implantation ou l’extension de sites est également bien intégré par les ETI ; un point clé au regard de leurs 125.000 implantations, très majoritairement situées en dehors des grands centres urbains. En matière d’économie circulaire, la mobilisation est également au rendez-vous : 53 % des ETI ont engagé une démarche active ; 21 % estiment avoir une démarche aboutie.
 
Des freins structurels toujours présents
Mais cette dynamique se heurte à un certain nombre de verrous qui freinent encore le passage à l’échelle. Les résultats de l’enquête le montrent :
- 65 % des ETI considèrent le cadre normatif comme plus contraignant qu’incitatif ;
- 32 % peinent à articuler transformation écologique et autres priorités ;
- 19 % pointent des tensions de financement dues aux capacités d’investissements.
 
Sur le plan de l’économie circulaire, si près de 3 ETI sur 4 ont engagé une démarche, elles sont nombreuses à alerter sur l’inadaptation des filières REP et des éco-organismes (84 %), sur la faible compétitivité-prix des produits réemployés (24 %) et sur l’absence de lisibilité des règles en vigueur. À cela s’ajoute une demande claire d’aménagements fiscaux pour accompagner les investissements, formulée par un tiers des ETI.
 
Un appel à créer les conditions d’une accélération
À rebours de l’idée d’un rétropédalage sur la transformation environnementale, les ETI affichent leur conviction et leur ambition. Mais elles demandent plus d’efficacité. Elles appellent à un cadre d’action plus lisible, plus cohérent et plus compétitif, leur permettant de concilier exigences environnementales et réalités économiques. Ce besoin est d’autant plus pressant que le contexte est particulièrement contraint et incertain. Il vaut également pour l’économie circulaire, notamment s’agissant des filières REP qui méritent d’être repensées pour répondre à leur mission première. Cela implique en particulier d’associer pleinement la logique du réemploi à celle du recyclage.

Marc ROCAGEL, président d’Options et de la taskforce Transformation environnementale du METI : « La transition environnementale est une transformation de fond. Les ETI l’ont engagée de manière résolue. En trois ans, elles affichent une franche progression sur de nombreux volets. Mais si la dynamique est là, elle gagnerait à s’opérer dans un écosystème plus favorable.  À nous tous de créer les conditions pour que la transition environnementale devienne un véritable levier de compétitivité, d’innovation et de résilience pour l’économie française et européenne. »