ETI : Ne nous trompons pas de combat !

Le 6 mars 2014, Elizabeth DUCOTTET, Co-Présidente d’ASMEP-ETI a publié une tribune intitulée “ETI : Ne nous trompons pas de combat !” dans le Journal des Entreprises.

Le constat est connu et largement partagé : notre pays peine à faire croître ses entreprises. La France souffre d’un important déficit d’entreprises de taille intermédiaire, ces fameuses ETI, restées jusqu’à leur reconnaissance en 2008 sous le radar des politiques publiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 4.600 ETI en France, contre 12.500 en Allemagne, 10.000 au Royaume-Uni, 8.000 en Italie…

On ne peut naturellement que se réjouir de l’intérêt croissant des décideurs publics pour cette catégorie d’entreprises, industrielles, solidement ancrées dans les territoires, internationalisées, qui constituent un véritable actif stratégique et dont la résilience en temps de crise (80.000 emplois nets créés par les ETI entre 2009 et 2013) comme la réactivité en période de reprise ne sont plus à démontrer.

Conduire nos PME à la taille ETI. D’accord. Encore faut-il que le diagnostic soit bien posé et le problème véritablement appréhendé. Ce qui est loin d’être évident.
Dernière curiosité en date, un projet de proposition de loi qui vise à sanctionner les participations dites « toxiques » de grands groupes dans les PME. Derrière une intention fort louable – aider nos PME à grandir – se cachent les travers devenus habituels de lois qui, en opposant les acteurs économiques les uns aux autres, en promettant de nouvelles complexités, sanctions et autres punitions, finissent par produire l’effet inverse que celui recherché.

Ne nous trompons pas de combat ! La priorité, pour voir nos PME se développer et accéder à la taille ETI, est de créer un écosystème au service de leur montée en gamme et en taille. Il s’agit là d’une urgence absolue. La France décroche. 16 points d’IS supplémentaires nous séparent de nos voisins européens. Nos entreprises payent des charges sociales patronales de 50% supérieures à la moyenne européenne. Notre pays compte 153 petites taxes majoritairement assises sur la production, une exception mondiale. La croissance de nos entreprises est devenue une sinistre course d’obstacles faite d’innombrables seuils sociaux et fiscaux. Pour croître, gagner des parts de marché, nos PME et nos ETI ont besoin de pouvoir se battre à armes égales avec leurs compétiteurs qui sont dans leur grande majorité européens. Aujourd’hui ce n’est plus le cas.

L’ambition d’un mittelstand français, industriel et conquérant, générateur d’emplois et d’investissements dans nos territoires est encore à portée de main. Le retour à un environnement compétitif raisonnablement aligné sur nos voisins européens en est le plus court chemin.

Elizabeth Ducottet, Présidente d’ASMEP-ETI, syndicat des entreprises de taille intermédiaire et des entreprises patrimoniales.

Retrouvez la tribune sur le site du Journal des Entreprises

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