Bruxelles, le 24 septembre 2026
Neuf organisations patronales européennes, réunies au sein de European Entrepreneurs CEA-PME, ont lancé début septembre un appel pressant pour un « Brussels Accelerator Act ». Le texte, adressé à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et au Conseil Compétitivité de l'UE réuni le 24 septembre 2026, a été signé entre le 9 et le 11 septembre à Berlin, Rome, Paris, Vienne, Katowice, Prague, Saint-Sébastien, Lisbonne et Bucarest.
Un constat alarmant
L'emploi manufacturier dans la zone euro a reculé pendant 38 mois consécutifs, une chute qui ne s'est stabilisée qu'en août 2026, tandis que la production industrielle stagne depuis trois ans. L'industrie ne pèse plus que 14,3 % du PIB européen, loin de l'objectif de 20 % fixé par la Commission pour 2035. Les entreprises énergo-intensives paieraient l'électricité plus de deux fois plus cher qu'aux États-Unis et environ 50 % de plus qu'en Chine, tandis que le déficit commercial de l'UE avec Pékin aurait atteint 197 milliards d'euros au premier semestre 2026. En France, la création nette d'emplois par les ETI se serait effondrée de 66 % au deuxième trimestre, avec 21 rachats d'ETI françaises sur la période, dont plus de la moitié par des acquéreurs étrangers.
Pour les signataires, les 35 millions d'entreprises du Mittelstand européen, qui assurent trois emplois sur quatre sur le continent, ne pourront pas continuer à jouer ce rôle de stabilisateur sans un changement de cap rapide.
Trois demandes prioritaires
En appui à leurs 15 propositions détaillées (innovation, technologie, investissement, productivité), trois priorités immédiates sont formulées :
1. Simplification immédiate : gel de toute nouvelle législation génératrice de coûts nets jusqu'en 2030, suspension des textes contradictoires (PPWR), et application réelle du « one in, two out » — deux fois plus de normes supprimées que créées depuis 2024.
2. Baisse urgente des coûts énergétiques : retour à un ETS réellement fondé sur le marché, le prix actuel du CO2 (80-90 €/tonne) étant assimilé à une véritable taxe carbone déguisée.
3. Concurrence loyale à l'international : réciprocité commerciale avec la Chine via tarifs douaniers et extension du CBAM aux produits transformés, et protection du Mittelstand européen contre les rachats hostiles par des acquéreurs non-européens.
Une course contre la montre
Le discours sur l'état de l'Union de Mme von der Leyen, le Conseil Compétitivité du 24 septembre et le Conseil européen de fin d'année sont présentés comme les échéances naturelles pour transformer l'agenda de compétitivité en actes avant la fin 2026. Il ne s'agit plus, selon les signataires, d'un énième texte de bonnes intentions, mais d'un véritable changement de rythme.
L'appel est porté par Christoph Ahlhaus (Der Mittelstand. BVMW, Allemagne, président de CEA-PME), Jorge Portugal (COTEC Portugal, co-président), Cristian Camisa (CONFAPI, Italie, vice-président), Frédéric Coirier (METI, France), Peter Lieber (ÖGV, Autriche), Tomasz Zjawiony (CCI Katowice, Pologne, vice-président), Josef Jaroš (AMSP ČR, République tchèque), Isabel Busto (ADEGI, Espagne) et Ioan Lucian (UNPR, Roumanie).


