Paris, le 17 juillet 2026
Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan publie un nouveau rapport sur les « aides aux entreprises » : un nouveau leurre un an après celui du Sénat qui avait contribué à la surenchère fiscale du débat budgétaire pour 2026.
Le METI veut le redire d’emblée : comment peut-on parler d’« aides » alors que les entreprises françaises s’acquittent aujourd’hui du niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé de l’Union européenne : un différentiel de 60 Mds € par rapport à la moyenne européenne, toutes « aides » déduites, selon l’institut REXECODE. Par conséquent, les « aides aux entreprises » sont bien mal nommées : elles ne constituent qu’une légère atténuation d’un déficit de compétitivité qui serait sinon mortifère pour notre économie.
Par ailleurs, le HCSP n’a pas été en mesure de s’accorder sur le périmètre retenu et propose un double chiffrage qui, dans les deux cas et comme le Sénat l’an dernier, associe des dispositifs difficilement comparables, des interventions financières (prêts, garanties et même, participations !) - le prêt d’une banque à un ménage est-il une « aide » ? - aux taux réduits de TVA qui bénéficient avant tout aux consommateurs finaux ou pour corriger des disparités géographiques (outre-mer, ruralité) sans lien avec les entreprises.
En résulte un amalgame dont Lautréamont dirait qu’il est « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ». Plus prosaïquement, l’ancien Premier ministre François Bayrou avait qualifié cet inventaire de « mélange entre des carottes et des sèche-cheveux ».
Le METI appelle à une définition claire de l’aide publique aux entreprises : pourrait être considéré comme une aide ce qui permet d’obtenir, pour l’entreprise, un niveau de prélèvement (fiscal ou social) net de l’aide, inférieur à la moyenne européenne. Nul doute que le périmètre obtenu serait alors réduit comme peau de chagrin.
En outre, si les taux réduits de TVA sont une aide aux entreprises : augmentons-les ! Pour cesser de faire reposer quasi exclusivement le financement du modèle social sur le travail et permettre aux entreprises à la fois de recruter davantage et d’augmenter les salaires.
Les partis pris de ce rapport vont une fois encore biaiser sévèrement la discussion budgétaire alors même que les entreprises sont confrontées à des contraintes menaçant de plus en plus directement leur survie : le nombre de défaillances atteint de nouveaux records, avec des taux d’endettement et des pertes de chiffre d’affaires plus élevés que dans la période pré-COVID.
Dans un tel contexte et alors que la compétition internationale devient chaque jour plus rude, il n’est pas imaginable de dégrader encore leur compétitivité.


