[Communiqué de presse] Réaction d’ASMEP-ETI à la Déclaration de politique générale du Premier ministre

« Il faut impérativement prendre la mesure de l’urgence »

Le Premier ministre vient de prononcer un discours volontariste pour la croissance et pour l’emploi, en faisant de la compétitivité de nos entreprises le pilier de la politique économique du gouvernement.

ASMEP-ETI ne peut que souscrire aux propos tenus sur la baisse du coût du travail et de la fiscalité ainsi que sur la nécessité de ne pas opposer emploi qualifié et non qualifié dans l’effort de baisse des charges.

Le syndicat attend un certain nombre de précisions sur le calendrier et les modalités concrètes des réformes annoncées, notamment dans leur articulation avec le CICE, dont les premiers effets ne seront tangibles qu’en mai prochain.

Sur le fond de ces mesures, ASMEP-ETI veut faire part de sa préoccupation compte tenu de la situation économique très dégradée du pays. Quelle que soit sa force, un discours ne change pas la réalité de nos entreprises.

Il y a urgence à passer aux actes ! Or, toutes les mesures annoncées pour restaurer la compétitivité n’entreront en vigueur, au mieux, qu’en 2015, voire en 2016 et pour certaines en 2020. Où en sera alors le chômage, alors que près de 30.000 emplois sont détruits en moyenne chaque mois ? Où en sera l’investissement alors que les marges de nos entreprises sont à un record historiquement bas ?

Il est impératif d’aller plus loin pour rattraper 15 ans de décrochage économique et industriel. Alors que le niveau des charges est deux fois plus élevé en France que dans la moyenne de l’Union européenne, les 10 milliards supplémentaires de baisse annoncés suffiront-ils à replacer nos entreprises dans la course européenne ?

Il ne faut pas sacrifier la montée en gamme sur l’autel du court terme. Le choix de faire du SMIC l’épicentre de la baisse des charges et d’instaurer de nouveaux seuils va à rebours des objectifs de croissance durable et de simplification assignés au Gouvernement.

L’effort de redressement de notre compétitivité est urgent. Il doit être engagé de façon rapide, significative et simple. Il en va de l’efficacité du Pacte responsabilité dans lequel nos ETI ne demandent qu’à s’engager.

VERBATIM de Philippe d’ORNANO, Président d’ASMEP-ETI

« Les ETI françaises se retrouvent dans les principes et le volontarisme affichés par le Premier ministre. Mais ces principes nous semblent en décalage avec les mesures pour le moment annoncées. Pour être efficace, l’action du Gouvernement en faveur de la compétitivité et de l’emploi doit répondre à un triple impératif : urgence à agir, ampleur dans la réforme et simplicité dans la mise en œuvre »